2 nov. 2009

Un roman de quartier

Olivier Verstraete

Le thème de la vengeance est récurrent dans le roman noir et cela hier comme aujourd’hui et sûrement demain. La vengeance est d’autant prégnante et renforcée quand il s’agit d’un père voulant venger la mort de son fils et de sa femme lors d’un braquage qui a mal tourné. Sur fond de Catalogne, Francisco Gonzales Ledesma développe ce thème dans un roman de quartier, son dernier livre paru aux éditions de l’Atalante.
Revoilà Mendez, le policier barcelonais, inusable, inébranlable, toujours en marge de la procédure qui cette fois-ci enquête sur le meurtre d’un homme retrouvé abattu dans son appartement. Omedes, c’était son nom, n’est pas ce que l’on peut appeler un modèle à suivre. Il semblerait mieux qu’il était en mission nettoyage définitif et que sa victime présumée, Miralles, ait revêtu les habits de punisseur. Mais au-delà de la résolution de l’enquête, que cherche à faire
Mendes? Protéger l’agresseur? Le punir? Protéger Eva, celle qui accompagne Miralles et qui était la protégée d’Andrade, unvieux flic barcelonais aujourd’hui disparu?
Nous voici ici dans le ventre de la capitale catalane, Barcelone, que Ledesma connaît sur le bout des doigts, dans ces quartiers populaires où le castillan est banni. Les amateurs de Ledesma en général et de l’inspecteur Mendes en particulier ne seront pas déçus. Le ton,le style et l’humour décalé de son personnage, Ledesma n’a rien oublié. Il arrive aussi à brouiller les pistes du lecteur en intercalant plusieurs récits dans son roman, quitte à parfois dérouter. Mais ces détours prennent des parfums de succulentes déambulations dans la ville de Gaudi sans prendre la casquette de tour operator.
Encore une fois un bon Ledesma qui a été primé en Espagne, Un roman de quartier prend les contours au sens noble du terme de roman populaire, rendant hommage à ces quartiers de mille histoires pouvant faire l’objet d’un roman de quartier.

Radio Cité Vauban (RCV), 2 novembre 2009