24 març 2009

La ville intemporelle

Francisco Gonzàlez Ledesma: La ville intemporelle ou Le vampire de Barcelone – l’Atalante, 2008.

«Je viens d’années sans frontières, de villes ensevelies, de cimetières qui me parlent, de chants dont nul n’a le souvenir. Je viens d’un temps lointain. Quand je suis né, la grande plaine barcelonaise qui s’étendait au-delà des murailles gothiques était dévolue au vice. On y trouvait des lupanars bon marché qui n’avaient pas été admis dans la ville close et décente, des bateleurs, toutes sortes de saltimbanques affamés, des mendiants et des hors-la-loi. Ma mère était une esclave. Il ne faut pas s’en étonner.Que quelqu’un ait cherché à nous tuer tous les deux n’a rien d’étonnant là encore.Ce quelqu’un, c’était l’Autre. Je tairai son nom car il m’arrive souvent de le croiser.»
Ce roman est pour moi une découverte. J’avoue n’avoir jamais été attirée par la littérature espagnole, ni par les romans retraçant l’histoire d’une ville à travers ses personnages. Mais ce livre-ci est érudit sans être pédant, j’y ai appris une foule de choses que je ne soupçonnais même pas, y compris sur les bourreaux professionnels et leur amour du travail bien fait.
Le personnage principal, à part Barcelone, est un vampire qui ne sait pas qui il est au départ, ce qui permet à l’auteur de développer une réflexion sur le Bien et le Mal, la religion, l’éternité, l’humanité, la tolérance et les différentes facettes d’une même personne. Et je vous assure qu’on ne s’ennuie pas ! J’ai eu beaucoup de mal à lâcher ce bouquin pour des activités aussi essentielles que travailler et dormir. C’est un beau roman, passionnant, profond et envoûtant, écrit par un auteur humain qui sait nous communiquer ses passions.

Lennadenn, 24 mars 2009